Après avoir présenté les forces et faiblesses de nos quatre (4) candidats à la prochaine législative partielle, nous nous intéressons à leur atout et handicap éventuel commun: la Proximité. ‘’Corps à corps’’ ou ‘’Porte à porte’’, il ne s’agit rien d’autre qu’une corruption institutionnalisée, désormais inscrite dans nos mœurs électorales. Sur la base d’une enquête réalisée dernièrement par nos soins, nous montrons que le comportement de nos hommes politiques n’a aucun impact communautaire réel. Cette corruption n’a contribué ces dix dernières années (des Législatives 2006 aux sénatoriales 2014), qu’à assurer la victoire des candidats du Parti Démocratique Gabonais (PDG) dans le 1er siège. Trois (3) petits projets à fort impact social seulement ont été réalisés en dix ans ! Et, comme toujours,  c’est à qui saura en donner plus qu’échoira la majorité des suffrages ; si les populations de Mbéngoué et Sassamongo ne comprennent pas qu’il ne s’agit là que d’un marché de dupes. Lecture.

  1. Tableau récapitulatif de la corruption électorale dans le 1er siège du Département de la Zadié

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Sources : Nos enquêtes, mai 2016.

Le tableau ci-dessus ne s’appuie que sur les dix dernières années électorales dans le 1er siège, et sur les principaux scrutins. Un indicateur général (budget global) permet au lecteur d’apprécier les importantes sommes (220 730 000, soit 22 073 000 F CFA par an) englouties par le PDG, parti au pouvoir dans son seul objectif d’y demeurer. Ensuite, sont présentés les budgets alloués à la corruption des électeurs, des auxiliaires de commandements (chefs de cantons et de villages), des autorités locales et militaires, et des scrutateurs (Cénap et présidents de bureaux de vote), soit 44 840 000 F CFA !  Ici, nous n’avons pas pris en compte les sommes dilapidées lors des meetings et autres causeries mensongers. Cet argent aurait pu permettre d’équiper en dix ans les dispensaires d’Héanzo, d’Ingoalandjondjo, d’Itébé et Matoté ; de construire une école (à Baya-Mbéla ou Zamba-Kangaka), d’équiper celles existantes sur le siège, de réparer quelques pompes hydrauliques, hélas !

Le PDG l’a bien compris, pour obtenir les voix d’une population misérable, il faut la corrompre financièrement, matériellement et moralement. C’est simple : ces populations essaient de survivre de ces subsides. Et ainsi, elles se croient redevables de ces donateurs spontanés.

  1. Lien entre Proximité et Suffrages.

Depuis l’élection législative de 1996, le taux de Proximité est passé de 2000 F CFA Collés à 7000 F CFA, soit en moyenne 4500  FCFA. Autrement dit, une allocation moyenne de 6 750 000 F CFA dédiée à la Proximité. Pour assurer ses victoires pendant dix (10) ans, le PDG aurait ainsi corrompu à hauteur de 67 millions F CFA.

Le Centre des Libéraux Réformateurs (CLR), à l’instar d’autres partis de l’opposition dont la corruption n’est restée que marginale, a également tenté l’expérience : son taux maximal était à la Législative 2011 de 3500 F CFA, soit 5 250 000 F CFA. D’où le score honorable obtenu cette année-là par le candidat Guy Moatékouba.

Cette Proximité gagne aussi les auxiliaires de commandement, les autorités administratives et militaires locales, et les organisateurs du scrutin (Cénap et président de bureaux de vote). L’objectif pour les auxiliaires de commandement, souvent à la solde du pouvoir,  est de donner la consigne de vote en faveur du candidat investi par le PDG (sauf quelques rares cas de chefs de villages considérés comme rebelles et vite rappelés à l’ordre en les menaçant de destitution). Pour les autorités administratives, l’objet est de faciliter l’établissement des pièces d’état civil ou la disparition des noms de certains électeurs supposés indésirables sur la liste électorale (la biométrie est venue abolir cette pratique). Les autorités militaires, elles, seraient utiles pour la production de rapports orientés, en cas d’enquête de la Cour Constitutionnelle lors d’un contentieux. Pour les scrutateurs enfin, leur sympathie est indispensable pour la falsification éventuelle des procès-verbaux, à une meilleure disposition des bulletins de vote (c’est généralement le bulletin du candidat PDG  qui est mis au-dessus de ceux des autres candidats), et à un trafic d’influence sur les électeurs dont les identités seraient illisibles sur les pièces d’état civil produites, par exemple, ou sur les populations.

La distribution des vivres, de pétrole et savon participe également de cette corruption. Ce sont des éléments essentiels pour les femmes pendant cette période de vacances, période de pénurie généralisée. Surtout par ces temps de famine (la priorité étant accordée aux éléphants).

  1. Quelques exceptions dans le Département

En 1990, les populations du 2ème siège ont refusé cette corruption alimentaire. Elles avaient massivement voté pour Collette Métimbé Fadi (RNB), malgré le carnage de bœufs organisé par le bouvier en chef de l’époque, Eugène Kakou Mayaza.

De même, le Dr Félicien Kani, Sénateur sortant en 2009, aurait décaissé 3 800 000 F CFA pour  corrompre  7 des  10 conseillers pédégistes. Le candidat PDG de l’époque, Séraphin Youmas Niaziyet, n’aurait dû son salut qu’au flaire  et à la dextérité du coordonnateur de cette élection pour le PDG, qui avait intercepté la supercherie.

Ces deux exemples peuvent faire école pour les militants de Mbéngoué et Sassamongo. Ils pourraient apprendre que sacs de riz et billets de banque en petites coupures de 500 ou 2000 F CFA collés, nuitamment libérés sous une lampe tempête presqu’éteinte, ne devraient pas les aliéner. Au contraire, leur donner plus de tonus et de lucidité pour sanctionner ceux qui continuent de jouer avec leur vie.

  1. Le Corbeau voulant imiter l’aigle.

Cette fable de Lafontaine est connue. Un Corbeau ayant aperçu un Aigle s’abattre sur un singe, décida, volatile lui aussi, de s’en prendre au plus gras des moutons. Le résultat fut imparable : il s’empêtra dans la fourrure du bovidé et servit plus tard d’amusette aux enfants du berger. Ceux des candidats de l’opposition pas financièrement solides, qui s’aventureraient à imiter le PDG,  devraient préparer pas moins de 7 millions pour la corruption, et pour 6 mois seulement ! Ce qui ruinerait leur santé financière pour la présidentielle d’août et la législative de décembre 2016. Cela les essoufflerait sur le terrain, mais aurait néanmoins l’avantage de montrer au PDG qu’il est combattu avec ses propres méthodes.

  1. Pour d’autres méthodes

Chacun de nos candidats devrait changer de méthodes. Les populations les attendent désormais sur leur bilan, pour le PDG (10 ans de députation, et 7 ans de prédation du pays et de dénigrement de la Zadié) et une offre politique pertinente (PDG et opposition). Un seul mot d’ordre pour les électeurs : Prenez et mangez. Ceci est votre repas  pour vous donner de la force électorale. Prenez et buvez, ceci vous apporte l’ivresse d’un changement radical, en souvenir des souffrances de Mékambo.  Prenez, mangez, buvez, mais SANCTIONNEZ. Le développement du 1er siège (3 petits projets à fort impact en 10 ans) n’a jamais constitué une priorité pour le PDG. L’argent n’a jamais manqué. On ne mise que sur une femme qui compte. Mais Mékambo a toujours été assimilée à une femme qui, consciente de sa repoussante laideur, est prête à tolérer l’ingratitude d’un amant toujours prompt à s’excuser en miroitant espèces sonnantes et trébuchantes,  en vendant des vuvuzelas.

Nous pouvons toujours nous tromper, nous attendons des chiffres contradictoires et la liste des projets réalisés par le Parti Démocratique Gabonais. Au peuple de Mbéngoué-Sassamongo de savoir se faire respecter dorénavant.

L’Observateur averti (t)

 

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