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Nombreux sont ceux qui, face à une situation d’injustice, se découragent très vite. Ce n’est décidément pas le cas de Wendy SAMBOUAZA. Native du village Zoula dans le canton Nord du département de la Zadié, la petite Wendy est au départ une danseuse au sein de la troupe de danse de son village natal. Mais très vite, les parents de ce « petit garçon raté » découvrent en elle des talents autres que le déhanchement.

Wendy est en effet une adepte du sport depuis son jeune âge, elle s’intéresse notamment au football. Son amour pour ce sport et son talent ne laissent personne indifférent dans le village. Mais, le milieu dans lequel elle grandit ne lui offre pas l’opportunité de pratiquer le football avec son genre, « c’est un sport réservé aux garçons » lui martèle-t-on.

Face à cette situation, Wendy s’associe avec les garçons du village qui l’acceptent tant bien que mal mais lui conseillent d’évoluer dans les buts malgré la qualité de ses dribles et ses prouesses en tant que milieu de terrain. Depuis son jeune âge, Wendy a été éduquée de sorte qu’elle ne doit pas tenir rigueur aux garçons. «Une femme au milieu des hommes ça se taie et ça s’exécute!» lui disent ses coéquipiers. Wendy n’a, ainsi, d’autre choix que d’accepter l’offre des garçons, elle se reconverti donc en gardien de but.

Le football est la passion de Wendy, elle aime, ce qu’elle fait et n’est pas du genre à se laisser abattre par les injonctions des garçons qui lui ont imposé de changer de poste. Ainsi, grâce à son dévolu, la reconversion en gardienne de but va s’avérer un succès, la jeune fille allant jusqu’à envoyer au banc de touche les gardiens homme de l’équipe au sein de laquelle elle évolue.

Wendy n’est pas une petite gardienne de but, sur le terrain, cette fille d’apparence timide donne de la voix, elle place son équipe et n’hésite pas à tonner sur ses défenseurs quand ces derniers commettent des erreurs susceptibles de  mettre en danger toute l’équipe. Wendy réussi ainsi à s’imposer au sein d’une équipe au sein de laquelle elle est l’unique femme. Pourtant, derrière ce succès se cache un sentiment d’injustice que la jeune fille nourrit depuis un certain temps.

A plusieurs reprises, la jeune championne a, en tant que gardienne de but, encaissé des buts qu’elle qualifie de « douteux ». « Il y avait des hors jeu clairs, certaines fautes sur mes défenseurs n’étaient pas sifflées et au finish c’était moi qui recevait les blâme, pour avoir concéder le but. Je trouvais cela injuste et je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose ».

La chose dont Wendy parle ne va pas tarder à venir. C’est ainsi que la championne décide de prendre une décision ferme et grave et qu’elle va assumer pleinement. « Je me suis coller un carton rouge définitif. J’ai décidé d’arrêter le foot, j’ai arrêté d’être joueuse pour devenir arbitre. Je me suis dit que ce n’est qu’ainsi que je pourrais réparer les injustices que subissent les gardiens de but qui sont souvent les premiers à recevoir les blâmes après un but »

Voici donc que notre jeune championne décide de s’essayer à l’arbitrage. Un environnement hostile et exclusivement réservé à la gente masculine. « Au départ on me prenait pour une petite folle mais j’ai su m’imposer et aujourd’hui je me suis faite une place dans ce milieu. J’avoue que j’ai eu quelques difficultés au début, mais là ca va ! ». Son dynamisme et sa rigueur, sa passion pour le football et son envie de réussir dans ce domaine ont ainsi fait de Wendy la première femme arbitre originaire de Mékambo.

Aujourd’hui, Wendy SAMBOUAZA envisage de se professionnaliser. Elle a, entre temps, suivi plusieurs stages en arbitrage et est désormais reconnue par la ligue de football de l’Ogooué Ivindo qui lui verse 20000 CFA par match arbitré. Très sollicitée dans le cadre des tournois qui sont organisés ça et là à travers la province de l’Ogooué Ivindo, Wendy fait ainsi partie des meilleurs arbitres de la région. « Le tarif reste le même, c’est 20000CFA par match, même quand j’arbitre les rencontres des tournois organisés par des particuliers etc.»

Les stages effectués par Wendy ne lui permettant pas, pour le moment, d’accéder au statut d’arbitre professionnel, Wendy lance un appel à toutes les bonnes volontés qui pourraient l’aider de quelque manière que ce soit à atteindre son but. C’est l’Ogooué Ivindo qui sera honorée.

https://i0.wp.com/metandou.com/wp-content/uploads/2016/12/wendy.jpg?fit=540%2C720https://i0.wp.com/metandou.com/wp-content/uploads/2016/12/wendy.jpg?resize=235%2C164mmmActualitéMékambois qui osentNombreux sont ceux qui, face à une situation d'injustice, se découragent très vite. Ce n’est décidément pas le cas de Wendy SAMBOUAZA. Native du village Zoula dans le canton Nord du département de la Zadié, la petite Wendy est au départ une danseuse au sein de la troupe de...L'Autre Mékambo