L’état de délabrement avancé des routes dans le département de la Zadié est d’autant plus inquiétant que nul ne semble s’en soucier. Les routes dans cette partie du Gabon donnent l’impression d’aller à reculons. Des tronçons qui étaient plus ou moins praticables il y a quelques années se sont depuis  transformés en véritables pistes d’éléphants.

En plus des gros arbres qui longent dangereusement les routes, des hautes herbes aveuglantes, des trous et autres étangs en plein milieu de la route sont autant de dangers auxquels sont confrontés les routiers dans le département de la Zadié. Emprunter une route de cette partie du Gabon c’est, sans aucun doute, mettre sa vie en danger. Ainsi certains riverains préfèrent affronter des distances à pied ou à vélo que d’avoir recours à ce qui est parfois qualifié de « cercueil roulant » à cause de l’état, on ne peut plus piteux, des routes.

Sur ces pistes abusivement appelés « routes », le plus dangereux reste « les ponts de la mort ». Il s’agit d’un assemblage, fait de morceaux de bois à la solidité douteuse, posés au dessus des rivières et qui servent de pont. A certains endroits deux troncs d’arbres placés au dessus de l’eau, et parfois débordés, font office de pont. Le risque à ces endroits est tellement élevé qu’il  est fréquent que, pour des raisons de sécurité, les passagers soient évacués du véhicule avant la traversée.

Il arrive également que face au danger, certains conducteurs décident tout simplement de rebrousser chemin, d’autres y passent même des nuits, le temps de replacer des bouts de bois qui, régulièrement, se fendent en morceaux encore plus petits, rendant la traversée impossible. Certains chauffeurs qui, jouant aux courageux, ont tenté la traversée en ignorant tous ces problèmes, ce sont parfois retrouvés au fond de la rivière avec leurs véhicules. C’est ce qui est notamment arrivé au véhicule de la SEEG qui tentait de relier Etèhiba à Venelle en Juin dernier.

Le pont sur le tronçon Etséla – Komambela est certainement le plus dangereux du département. Ici, plusieurs accidents aussi bien de voiture que de moto ont été enregistrés. Des véhicules y ont passé régulièrement la nuit. Une situation qui date de depuis des années et dont personne ne semble s’émouvoir.

Le « grand pont » c’est ainsi qu’est nommé le pont le plus «moderne » de la Zadié. Il s’agit d’un tas de ferraille rouillée, affaibli par le poids de l’âge et prêt à rendre l’âme à n’importe quel moment. Lui aussi représente un veritable risque pour les automobilistes et les population des villages environnants qui viennent ici se ravitailler en eau, faire la lessive etc.

Comme c’est souvent le cas en période électorale, un semblant de travaux de rénovation du « grand pont » avait été lancé en Aout dernier. Les élections passées, depuis, plus personne n’entend parler desdits travaux. La menace, elle, demeure et la vie des usagers des routes du département ne tient qu’à un fil.

En attendant les prochains travaux qui devraient naturellement commencer à quelques jours des législatives pour s’achever juste après, « on fait avec ! » et de toute façon « on va encore faire comment ! » Ainsi va la Zadié !

Taylor Roddy NGOYE

 

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