En arrivant dans la région nord-est de l’Ogooué-Ivindo, les explorateurs, qui plus tard deviendront les colonisateurs trouvèrent un village dans une zone densément marécageuse. Ce village qui s’appelait Kémboma connut l’installation des colons et devint un poste, et donc le plus grand district de la région de l’Ogooué-Ivindo.

Vers 1904, les premiers missionnaires arrivèrent dans la région nord-est de l’Ogooué-Ivindo, leurs actions furent la purification et la création des premières écoles villageoises. A la suite de cela, vers 1905, dans toute la contrée régnait une grande famine à laquelle s’ajoutait une sécheresse jamais connue (A ce sujet, lire : Robert ZOTOUMBAT. Histoire d’un enfant trouvé (1971) pp. 17-26. Le tout 1er roman gabonais).

Kémboma était situé entre la Liboumba (rivière) et la Loyé (rivière qui trouve sa source au Congo et se jette dans la Zadié). A cause de la maladie du sommeil qui sévit dans la région de Kémboma, les colons firent de Booué le plus grand district, la région reconnut (1930-1940).

D’autres colons voulurent quitter cette région de Kémboma à cause de trois raisons majeures, à savoir :
– premièrement, Kémboma fut une région très marécageuse, difficile d’accès pour les colonies de peuplement, c’est-à-dire l’installation européenne ;
– deuxièmement, la maladie du sommeil qui sévit dans la région de Kémboma ne permit pas aux colons de s’établir durablement afin de mener à bien leurs activités coloniales, des gens mouraient par manque de traitement, Kémboma étant une région difficile d’accès ;
– troisièmement, de là où ils étaient à Kémboma, un bakota nommé Mbadouma, entre 18h et 19h, avait tiré sur un blanc, celui-ci mourut. L’affaire fut grave et de mauvaise augure pour la rénommée des kota.

Ces raisons, entre autres, ne permirent pas aux colons de s’établir à Kémboma. De ce fait, ils décidèrent de s’installer en aval de la Zadié, dans la zone de Zamba Kangaka et Boka-boka. Au-delà de ces régions, il y avait un village (situé à l’emplacement même de la Préfecture actuelle de Mékambo). Ce village s’appelait Ondonô, son chef, Kombo.

Les colons arrivèrent à Ondonô, rencontrèrent Kombo, discutèrent avec lui. Ils lui dirent qu’ils cherchaient une zone d’installation. Il faut dire que la maladie du sommeil était une endémie, c’est-à-dire une maladie infectieuse au sein de la zone du nord-est. Kombo et les siens qui furent excédés de transporter des centaines de personnes mortes de maladie de sommeil sur des tipoyes (mékambo en ikota) leur exprimèrent en langue kota qu’ils n’en pouvaient plus de transporter des morts sur des « mékambo » (tipoyes). C’était ainsi que les colons, qui ne cessèrent d’entendre mékambo finirent par appeler habituellement Ondonô, mékambo. C’était ainsi que Mékambo devint le nom du village, puis de la région que les populations autochtones avait permis aux colons l’installation. Tout cela se passait dans les années 30-40.

A la suite du temps, Kombo et les siens quittèrent Ondonô pour aller créer un village Ngolamayon (actuellement Vie-chere), ils s’y installèrent, pour peu de temps parce que plus tard, ils iront à Batouala (Bangui), puis à Kwa-towa (ville bakota). De vrais nomades.

Parmi les colons, il y avait un dont le nom reste étroitement attaché à la ville de Mékambo. Parce que c’était lui qui avait permis d’ouvrir cette région reculée du Gabon. En effet, le Lieutenant THOMAS (topographe) réussi à tracer la route Mékambo-Makokou, tout en esquivant tous les marécages.

En ikota : Tipoye = kambo ; pluriel Tipoyes = mékambo

Perrin Hermann IKHOUBANGOYE est sociologue et anthropologue de formation. Il est Professeur-documentaliste, spécialiste de l’information-documentaire dans un établissement de Libreville.

 

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