Née le 13 décembre 1941 à ZOKOKOTA (actuel Ehanzo) Maman Colette BASSINDJE est la fille de DIHO et de Thérèse DIOMA. Issue d’une famille nombreuse, Maman Colette se distingue, dès son jeune âge,  par son sens de la famille et sa disponibilité à toujours rendre service: « Quand les parents étaient absents, c’est moi qui m’occupait parfois de certains de mes frères et sœurs » nous confie-t-elle. Cet amour pour autrui et cette propension à toujours prendre soin de l’autre ne la quittera jamais car, plus tard, le destin la conduira vers des métiers qui mettent l’accent sur les relations et le développement humain.

Quand Maman Colette BASSINDJE nait en 1941 le Gabon faisant partie de l’AEF vit au rythme de la colonisation avec tous les méfaits que l’on sait de cette période sombre de l’histoire de l’Afrique. En 1941 nous sommes également à deux années après le début de la deuxième guerre mondiale. Point n’est besoin de rappeler que ces années furent difficiles pour les femmes à travers le monde. Ainsi, l’égalité entre homme et femme n’était à cette époque qu’une vue de l’esprit.

En Afrique et au Gabon en particulier, une jeune fille c’était, avant tout, fait pour les travaux champêtres et aider maman dans ses taches ménagères avant de finir dans un mariage, souvent forcé.

C’est dans un tel contexte que Papa DIHO et maman Thérèse DIOMA décidèrent, quoique tardivement, d’envoyer la petite Collette BASSINDJE à l’école des blancs. Cette décision fut particulièrement soutenue par des missionnaires de l’église protestante, à l’époque en poste à Mbélakembe. Impressionné par l’intelligence, le courage de la petite Colette, le Pasteur NANG ESSONO prit la décision d’encadrer cette jeune fille à qui il prédisait un avenir radieux.

 Les parents de Colette qui confièrent leur rejeton au Pasteur NANG ESSONO ne seront pas déçus. En effet en 1961 la jeune Colette honorera ses parents en décrochant son Certificat d’Etudes Primaires et Elémentaires (CEPE).  De nos jours et au vu du bas niveau scolaire des enfants, un niveau infecté notamment par des grèves à répétition, par le contexte social etc., certains arguent que le CEPE d’alors pourrait trouver son équivalence dans le BEPC d’aujourd’hui.

Ce premier sésame en poche et habitée par la passion de toujours apporter de l’aide et surtout de prendre soins de son entourage, la jeune Colette BASSINDJE qui rêve d’exercer un métier dans le domaine de la santé va, en 1962,  passer et s’admettre brillamment au concours d’entrée à l’école de santé de Libreville, elle y restera jusqu’en 1964.

Maman Colette, qui au passage avait rencontré feu le patriarche Mathieu NGONDATHE, son époux, tombe enceinte de son premier fils. Une grossesse difficile qui lui fit rater son examen. Néanmoins, Maman BASSINDJE sort de l’école de santé avec une attestation de Formation au métier de Matrone accoucheuse qui lui permettra d’exercer pendant 5 ans (1965 – 1970) au centre médical de Mékambo.

A son lieu de travail, la Matrone BASSINDJE est reconnue pour son sérieux et pour son amour du travail bien fait mais surtout pour sa rigueur. Dans les années 1960 la société mékamboise est minée par des croyances mystiques qui font que le métier d’accoucheuse est associé par certains à la sorcellerie. Maman BASSINDJE exerce donc un métier sensible qui l’expose aux supputations de tout genre. Ainsi, la joie des accouchements à succès se transforme facilement aux accusations de sorcellerie en cas d’incident lors de l’accouchement. A ce propos Maman BASSINDJET nous raconte qu’«Il y a des gens qui m’accusaient d’avoir « mangé » leur enfant quand il y avait un mort né. J’étais à chaque fois mise en cause quand l’accouchement se passait mal. Ils ne disaient pas que je faisais mal mon travail, c’était plutôt des accusations de sorcellerie etc. Je n’en pouvais plus»

Supportant mal ce qu’il qualifiait d’injustice vis à vis de son épouse, le patriarche Mathieu NGONDATHE, lui-même instituteur, somma sa femme de changer de métier et lui proposa de le rejoindre dans l’éduction.

C’était une période difficile pour celle qui prenait du plaisir à aider les femmes à donner la vie: « ce ne fut pas une décision facile à prendre, il fallait tout recommencer à zéro, retourner à l’école pour apprendre un nouveau métier » dit Maman BASSINDJE

Colette BASSINDJE qui a un tempérament de combattante n’est pas de nature à se laisser abattre par les étapes difficiles de la vie. C’est ainsi que faisant appelle à son légendaire courage, Maman Colette encouragée par son époux, prit la décision radicale de changer de vocation et de s’essayer au métier de l’éducation. Pour cela il faut reprendre le chemin de l’école.

Face à cette situation feu Mathieu NGONDATHE décide de confier son épouse à des collègues pour une formation dans le tas. Ainsi, Mme Colette NGONDATHE fut dans un premier temps et sans formation pédagogique liée à la profession, appelée à «épauler » les instituteurs dans le suivi des élèves de l’école de la mission protestante de Mbélakembe. Maman BASSINDJE en profite pour faire bonne impression, grâce notamment à sa rigueur et à l’attention particulière qu’elle accorde individuellement à ses élèves. Ce qui lui valu d’acquérir plus tard le titre monitrice de l’éducation. Elle exerce avec ce titre à l’école protestante de la mission de Mbélakembe de 1971 à 1978, puis à l’école protestante d’Ibéa  entre 1978 et 1979.

Guidée par la détermination et l’envie de réussir, l’ambitieuse Maman BASSINDJE  ne souhaite pas terminer sa carrière en tant que «simple» monitrice, elle vise plus loin. « Je voulais être au même titre que mes collègues hommes qui, pour la plupart était des instituteurs y compris mon mari. ». C’est ainsi donc que Maman BASSINDJE décida, en 1979, de prendre la direction de Libreville pour y passer le concours d’entrée à l’école des instituteurs de Baraka. Un concours qu’elle gagna sans grande difficulté.

A l’Ecole des Instituteurs elle obtint brillamment, en 1981et suite à deux années de formation, son diplôme d’institutrice et rentra, pour de bon, dans l’histoire de Mékambo en tant que première femme institutrice originaire de Méroé.

Après plus de trente ans de loyaux services rendus à la nation, Maman Colette BASSINDJE, la veuve NGONDATHE,  âgée aujourd’hui de 75ans vit une retraite paisible depuis 1995. Elle est mère de cinq (5) enfants, onze (11) petits- enfants et six (6) arrières petits-enfants.

https://i0.wp.com/metandou.com/wp-content/uploads/2017/03/ngonda.jpg?fit=480%2C429https://i0.wp.com/metandou.com/wp-content/uploads/2017/03/ngonda.jpg?resize=235%2C164mmmActualitéMékambois qui osentNée le 13 décembre 1941 à ZOKOKOTA (actuel Ehanzo) Maman Colette BASSINDJE est la fille de DIHO et de Thérèse DIOMA. Issue d’une famille nombreuse, Maman Colette se distingue, dès son jeune âge,  par son sens de la famille et sa disponibilité à toujours rendre service: « Quand les parents...L'Autre Mékambo