L’article 5 de la charte nationale des libertés du 26 juillet 1990 réaffirme la liberté d’association et de réunion comme étant une liberté fondamentale. Cet article signifie que toute personne a le droit de prendre part à des réunions pacifiques et de créer une association ou un collectif. C’est dans ce sens qu’a été créé le collectif Mékambo pizzo, un collectif rassemblant des fils et filles de Mékambo.

Constatant que la finalisation des travaux engagés par le gouvernement dans la localité de Mékambo tardent à se matérialiser(routes, écoles, hôpitaux …), le collectif Mékambo Pizzo a décidé d’agir en organisant une marche pacifique afin d’interpeller les autorités compétentes face à cette situation qu’ils estiment contraire à l’intérêt général de leur ville. C’est ainsi que le président du collectif Mékambo pizzo a adressé, en date du 28 octobre, une demande d’organisation de marche citoyenne au Maire de Mékambo.

Dans une lettre envoyée au président du collectif Mékambo pizzo en date du 4 octobre 2016, le maire de cette localité manifeste son refus en précisant que « L’organisation de votre marche au demeurant légale et citoyenne me parait INOPPORTUNE pour l’instant ». Toutefois, il serait intéressant d’analyser la décision du maire afin de savoir d’une part s’il est conforme à la loi et d’autre part d’essayer de comprendre sa portée.

Du point de vue légal, L’article 5 de la loi 48/60 du 8 juin 1960 portant sur les réunions publiques précise que « Toute réunion publique est soumise à l’obligation d’une déclaration préalable indiquant le but, le lieu, le jour et l’heure de la réunion ». Cet article précise ici qu’il s’agit d’une déclaration et non d’une demande. L’article 9 de la même loi précise que les réunions publiques sont susceptibles d’être interdites par l’autorité compétente, si leur tenue est de nature à troubler l’ordre publique. En l’espèce, le Maire Malela a estimé que cette déclaration de manifestation était conforme aux exigences de l’article 5 de la loi et que la manifestation prévue par le collectif Mékambo pizzo n’était pas susceptible de porter atteinte à l’ordre public. C’est d’ailleurs dans ce sens que le maire a préciseé que l’organisation de la marche est « légal ». Donc conforme à la loi.

Mais lorsque nous lisons la réponse du Maire un peu plus loin, nous apercevons que le maire justifie son refus en précisant que l’organisation de la marche du collectif est INOPORTUNE. Est-ce que les prérogatives juridiques accordées a une autorité publique permettent de juger de l’opportunité ou de l’inopportunité d’une marche ? Comment peut-on justifier le refus d’une marche légale sur sa pertinence ? Nous pensons simplement que le maire a outrepassé son champ de compétence car il n’appartient Pas à un maire de dire à des citoyens ceux qui seraient opportun ou non pour eux, lors d’une demande de manifestation sur la voie publique. La seule exigence est de respecter l’ordre public et d’établir la demande de manifestation conformément à la loi. En conséquence, un recours pour excès de pouvoir peut être ouvert contre le maire de Mékambo afin d’annuler Cette décision qui viole la règle de droit.

En effet,Comment peut-on refuser à des citoyens d’exprimer leur droit le plus fondamental en arguant des raisons politiques ? Doit-on rappeler à monsieur Malela que le premier ministre est le premier ministre des neufs provinces et non de la Zadié et que par conséquent les citoyens n’ont pas besoin d’attendre l’opportunité d’une causerie politique pour pouvoir exprimer leurs inquiétudes sur la situation deMékambo. À entendre Monsieur Malela il semblerait qu’i soit abilité à savoir et d’imposer le moment où une marche citoyenne doit être organisée ou non. Comment reconnaître la citoyenneté et surtout la légalité d’une action patriotique et dire au finale que cette action ne peut être menée?Sur quelle base repose le refus du Maire de Mékambo.

Par ailleurs, n’oublions pas que notre pays sort d’une élection présidentielle qui à foncièrement divisée la nation toute entière. Le citoyen gabonais en général et l’ogivin en particulier se sent laissé pour compte. Il n’a plus confiance en ses institutions ni à ses dirigeants. Dans cette optique, les dirigeants du Gabon en général et ceux de l’ougoué-ivindo feraient mieux de permettre à chaque composante de la société de s’exprimer librement, de faire prévaloir les droits les plus fondamentaux prévus par notre constitution. A l’heure ou chaque famille politique préconise le dialogue au Gabon, il n’est pas intéressant de museler les bouches. Gardons à l’esprit l’assertion du président kennedy qui disait que « ceux qui rendent les révolutions pacifiques impossibles, rendent les révolutions violentes inévitables ».

Ursus Bozibo : Un fils de Mékambo

 

https://i0.wp.com/metandou.com/wp-content/uploads/2016/11/bozibo.jpg?fit=574%2C549https://i0.wp.com/metandou.com/wp-content/uploads/2016/11/bozibo.jpg?resize=235%2C164mmmActualitéLibre TribuneL’article 5 de la charte nationale des libertés du 26 juillet 1990 réaffirme la liberté d’association et de réunion comme étant une liberté fondamentale. Cet article signifie que toute personne a le droit de prendre part à des réunions pacifiques et de créer une association ou un collectif. C’est...L'Autre Mékambo